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Le pays des grottes sacrées de Jean Auel

Par Yurani :: 06/08/2011 à 12:03 :: Littérature




Je viens (enfin) de lire le dernier tome de la saga "Les Enfants de la Terre" de Jean Auel.
Pourtant fan depuis le début, eh bien je dois avouer être très déçu. Le tome de trop.

Certains diront que cet opus est trop long, plein de redites, assez plat. Agaçant aussi sur certains aspects comme les interminables énumérations de noms et titres des uns et des autres, des litanies pénibles et répétitives ; de même les découvertes et descriptions de grottes, à la manière d'un catalogue ; le nombre de fois où les protagonistes se font des tisanes ; ou encore les préoccupations domestiques récurrentes (à qui Ayla va-t-elle confier son bébé pour pouvoir aller visiter untel ou untelle ?). Certes.

Mais, personnellement, ce qui me déçoit le plus, c'est le thème lui-même, le "non-thème" plus exactement. Celui qu'Auel traite ici est la naissance de la pensée religieuse, les symboliques des grottes et de l'art pariétal, la puissance de la pensée abstraite et son influence germante sur l'apparition ultérieure des civilisations. Même si on laisse de côté le "léger" anachronisme entre son paléolithique situé aux alentours de -35000 et le Magdalénien (20000 ans plus tard), ce thème lui-même affadit notablement la fraîcheur et l'esprit d'aventure qui présidaient aux opus précédents (surtout les 4 premiers en réalité, déjà le dernier était assez "faiblard"). Zelandoni la "prêtresse" est sans relief (en dépit de son coffre), omniprésente et édifiante (j'ai un peu eu l'impression que c'était l'auteur elle-même qui se projetait en elle comme une dame tutélaire). Ayla, l'héroïne fondamentale, est toujours attachante mais semble désormais sans volonté, jouet d'une vie que d'autres tracent pour elle. Et Jondalar n'est plus là que pour le décor.

Outre le fait que le thème du religieux soit casse-gueule par définition et difficile à rendre exaltant, Auel gâche les quelques bons morceaux et idées. Ainsi, lorsque des renégats d'une caverne se mettent hors tribus et symbolisent le problème des déviances et du crime. Il y avait là un superbe thème à explorer et développer, qu'elle "assassine" en moins de dix pages et sans envisager l'impact sur une société de la vengeance collective et de la violence d'une foule. Ou encore, le destin de Brukeval, le métis, abandonné à peine évoqué.

Ma déception est à la hauteur de l'espérance. Le fil fondamental des Enfants de la Terre, c'était au départ la confrontation entre deux "races" humaines préhistoriques, celle des Cro-Magnon et de Neandertal, thème magnifique et que les premiers volumes (surtout le 1 et le 3) ont magnifiquement explorés et mis en mots, avec Ayla comme personnage mythifiable. Pour moi, ce qui aurait clos de façon magistrale cette saga, ç'aurait été le thème de la "fin de Neandertal", dans lequel les deux enfants d'Ayla (Jonayla pour Cro-Magnon, face à Durc le Neandertalien) se seraient retrouvés pour une confrontation dramatique, deux mondes opposés dont l'un doit disparaître face à l'autre qui maîtrise les symboles et la projection vers l'avenir. Là aurait été la véritable portée "historique" (et littéraire) de cette oeuvre.

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